Couple mixte, difficultés et richesses

R.

Témoignage paru dans la revue Nouvelle Cité de mai-juin 2012

 

Catholique, j’ai épousé une musulmane… vivant donc le dialogue au quotidien, avec ses richesses, avec ses difficultés.

Difficulté des mots qui peuvent avoir un sens différent selon la religion, et deviennent source de malentendus. Difficulté de certaines pratiques religieuses qui ne peuvent être vécues en couple, rappel parfois douloureux de nos divergences. Difficultés avec l’entourage, notamment avec ma belle-famille musulmane, notre mariage étant considéré comme impossible par l’avis majoritaire en Islam.

Mais richesse de la réconciliation avec cette famille lorsqu’on donne le temps au temps. Richesse du partage spirituel -entre autre en groupe Parole de Vie- nous qui sommes convaincus de cheminer vers le même Dieu, quelle qu’en soit notre vision. Richesses de nos deux enfants, auxquels nous laissons la liberté de conscience, tout en cherchant à vivre devant eux en témoins de nos religions respectives, ce qui nous pousse à approfondir la connaissance que nous en avions. Richesse des fêtes religieuses partagées en famille, des « pèlerinages » sur Chartres avec le Groupe d’Amitié Islamo-Chrétien (GAIC), ou sur Vieux-Marché pour le pardon des 7 saints. Richesse de toutes ces rencontres que nous n’aurions jamais faites si nous ne nous étions pas mariés, notamment dans le cadre du Groupe des Foyers Islamo-Chrétiens (GFIC), au sein duquel nous échangeons autour de nos interrogations, de nos réponses, sachant qu’il n’y a jamais la réponse, chaque couple construisant ses réponses… des réponses qui évolueront au fil du temps.

Grâce au miroir de l’autre, nous évoluons, et -nous l’espérons- progressons vers notre Seigneur, le Seigneur de tous les hommes.

CPM Accueil et Rencontre, hiver 2003

On a 27 et 26 ans, on est internes en médecine et on est fiancés depuis peu. Vivre la dimension islamo-chrétienne en tant que couple, c’est la démarche d’accueillir l’idée qu’on peut être amoureux, et surtout construire une relation d’amour durable avec quelqu’un qui est tout autre dans sa culture et dans sa foi, et ceci malgré les préjugés que l’on a, qui sont parfois entretenus par l’entourage familial ou amical.

Marie D., GFIC

Marie explique comment elle et Abdelilah parlent régulièrement ensemble de leur foi.

Jean-Claude Noyé, Portrait paru dans le mensuel Prier

« Il nous a fallu redécouvrir le sens différent que nous donnions aux mêmes mots » , disent Nicole et Youssef. Depuis qu’ils se sont rencontrés, Nicole et Youssef approfondissent leur propre foi et découvrent celle de l’autre avec un enthousiasme intact

Dominique et Abderrahim, Revue Alliance (couples d’aujourd’hui)n°135/136, mai/août 2001

Dominique, chrétienne, et Abderrahim, musulman, marocain, sont mariés depuis 11 ans et habitent la région parisienne. Ils élèvent leurs trois enfants dans les deux religions, chacune étant présentée comme un chemin vers Dieu. Une règle : ne pas censurer ses convictions. Pas toujours facile… Pour le reste, l’Esprit souffle où il veut… Inch Allah !

J-M Gaudeul, SRI [Réf. : Accueil et Rencontre, CPM, hiver 2003]

Vivre et grandir ensemble alors que l’on vient de deux cultures ou deux religions qui se sont trouvées en concurrence et même en lutte ouverte pendant des siècles, voilà le défi que relèvent bien des couples, en particulier ceux qui « conjuguent » une origine chrétienne et une origine musulmane.

Partager sa vie dans la durée avec un conjoint de culture et de religion différente est un défi. C’est aussi un choix qui suscite beaucoup d’inquiétudes dans l’entourage. Le GFIC ne propose ni modèle, ni conseils mais permet aux personnes concernées de puiser dans le récit des expériences diverses de ses membres.

Quel prénom donner à l’enfant ? Faut-il le faire circoncire ? Qu’en est-il du baptême ?  Ne seront-ils pas tiraillés entre deux cultures, deux religions, deux désirs ? Des questions auxquelles chaque famille répond de façon originale, à travers tout un cheminement toujours enrichissant et toujours personnel.