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Le chemin de Sophie et Fouad, des fiançailles au Maroc jusqu’au mariage en France

C. de Darassus

Jeunes mariés, Sophie et Fouad confient à Accueil et Rencontre l’histoire de leur rencontre, de leur décision de se marier, la préparation et la célébration de leur mariage.

 

Sophie, 27 ans, avait en février 2000 un projet de vacances au Liban qui a échoué. Elle a changé de destination et attribue donc au pur hasard sa rencontre avec Fouad lors de son séjour imprévu au Maroc. Fouad a 30 ans, il n’a jamais quitté le Maroc avant de connaître Sophie.

Ils se sont écrit dès leur première rencontre jusqu’à l’été. Une grande sympathie les reliait, et par l’intermédiaire du courrier régulier ils échangeaient des idées. Chacun expliquait son pays, ses traditions, sa culture, ses racines, sa religion. Fouad connaît plus le christianisme que Sophie ne connaît l’islam. Leur correspondance a creusé en eux l’envie de se revoir.

Sophie a invité Fouad à la rejoindre en France dès l’été 2000. Ils ont du vaincre les multiples obstacles pour obtenir un visa. Il est resté en France un mois et demi. A l’issue de ces vacances « nous ne pouvions plus nous quitter ».

Sophie ensuite a épuisé un gros crédit de vacances pour aller au Maroc dès qu’elle le pouvait. Elle a rencontré la famille de Fouad, plutôt traditionnelle. Elle a été fort bien accueillie, à leur grand étonnement à tous les deux.

Lors des escapades de Sophie au Maroc, il leur semblait que le temps passé ensemble était si court qu’il leur fallait en profiter à 1000%. Ils essayaient d’aborder tous les sujets.

En janvier 2001, « nous avons parlé de nous fiancer au Maroc », lors d’un saut de Sophie au Maroc pour 5 petits jours.

Elle appréhendait énormément la réaction de sa famille, de sa mère et de sa grand-mère en particulier. Il fallait pourtant leur apprendre qu’elle désirait construire sa vie avec un homme arabe et musulman. Presque déçue de l’accueil chaleureux, car pourquoi s’être fait tant de soucis, avoir attendu pour leur annoncer son projet de mariage. « J’imaginais ma grand-mère réticente, mais elle a aussitôt adopté Fouad comme son petit fils ».

La fête des fiançailles a duré 3 jours au Maroc. Les mains et les pieds de Sophie ont été décorés de henné. Cette cérémonie apporte aux fiancés le bonheur, tandis que l’échange du lait et des dattes signifie une vie douce et sucrée.

Des pyramides de gâteaux, du thé à la menthe, de la musique, des danses. Des costumes de reine pour Sophie, coiffée de diadèmes, parée de colliers. La cérémonie des fiançailles a été une grande fête, digne d’un mariage selon les traditions marocaines.

Une fête grandiose, fastueuse, a réuni toute la famille marocaine et les amis venus entourer et féliciter les fiancés.

A compter de ce jour là, le couple de Sophie et Fouad est considéré comme un couple « officiel » pour la famille marocaine.

Pour se marier civilement en France, en octobre 2001, Fouad a du presque camper 3 semaines devant le Consulat de France au Maroc pour effectuer les démarches, obtenir enfin le droit de venir rejoindre Sophie en France.

Nous voulions très sérieusement préparer notre mariage religieux. Après une forte déception, – un responsable des mariages inter-religieux dans une paroisse de paris a demandé à Fouad s’il était prêt à se convertir! – , « nous avons longuement, très longuement conversé avec un prêtre qui nous a fait parler de nous, de notre projet de vie, de nos fois ».

La surprise passée de ne pas avoir à réviser le catéchisme, de ne pas passer de test, ni d’examen de passage, Sophie et Fouad ont préparé minutieusement leur cérémonie de mariage jusque dans les plus petits détails.

Sophie portait une robe blanche, brodée au Maroc, un saroual et des babouches. Ses mains étaient à nouveau peintes de henné mais recouvertes de gants. Ils sont entrés dans l’église sur une musique arabe. La maman de Sophie avait déposé sur le plateau des alliances un napperon brodé marocain.

Chacun avait choisi un témoin musulman et un témoin catholique. Ils avaient tous les deux à coeur d’occuper sinon une place égale, une place où l’un n’écrase pas l’autre. Ils avaient retenu des textes qui puissent être entendus par des catholiques et des musulmans. Ils ont lu un mot d’accueil qui expliquait leur démarche inspirée du même amour de Dieu et qui n’était donc pas une simple validation. Ils ont souhaité une célébration sans eucharistie pour respecter encore leurs amis et famille musulmans.

Ils ne voulaient blesser personne, ils voulaient que tous se sentent accueillis et même participants.

Pendant la célébration, la Fatiha, première sourate du Coran a été prononcée en arabe par le témoin de Fouad et ceux de sa religion, la traduction en français était dans le livret. Fouad affirme que musulman, il reste musulman à la sortie de l’église, tout en respectant la foi chrétienne de Sophie.

Quand chacun dans le couple approfondit ses propres convictions, on pourrait penser que les conjoints s’éloignent l’un de l’autre. Au contraire, ils se font plus proches, car, partis chacun au pied de la montagne, de part et d’autre, plus ils vont vers Dieu, plus ils s’approchent du sommet, où ils se retrouveront.

Anne F.

Notre amie Anne a écrit un texte pour l’édition de Noël du bulletin d’information de sa paroisse parisienne. Comme il y est question des foyers islamo-chrétiens, elle nous a permis de le publier sur le site du GFIC.
Dominique et Abderrahim

Jean-Claude Escaffit [Réf. : Entretien paru dans La Vie, numéro 2896,1er mars 2001]

La vérité, il l’a cherchée vainement dans les mathématiques et les sciences humaines. Ses racines religieuses, son identité, il les a trouvées en fait à Paris. Faouzi skali est maître soufi. Il perpétue une très vieille tradition familiale marocaine, qu’il a découverte au bout de ses études. Docteur en anthropologie, ce père de famille est directeur du festival des musiques sacrées de Fès. Un lieu splendide de rencontre pour les musiciens de tous pays et de toutes religions. Ce festival de plus en plus couru est, pour Faouzi Skali, une façon de réaliser son enseignement soufi. Cette spiritualité au coeur de l’islam a la « religion » de l’écoute et de la tolérance, loin, très loin des clichés sur les musulmans et leurs intégrismes. Rencontre avec un homme de dialogue.

Sur le plan religieux, le mariage dans les deux traditions, musulmane et chrétienne, sont de nature différente comme vous le découvrirez dans cette rubrique.

Une fois le mariage décidé, on peut imaginer une cérémonie religieuse. Nous vous proposons quelques exemples de célébrations à l’Eglise ou dans un lieu neutre sous forme de livrets confiés par des membres du Gfic.