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Aïd el Adha, Aïd el Kebir… Autour d’Abraham

René

Le « Sacrifice d’Abraham » commémoré par les musulmans le jour de l’Aïd el Adha -appellée également Aïd el Kebir- est un épisode relaté tant dans la Bible que dans le Coran. Il tient une place importante dans les trois religions dites « abarahamiques » : judaïsme, christianisme, islam. Partons donc à la découverte de ces textes…

 

I. Le sacrifice

Commençons notre lecture par les textes narrant cet épisode de la vie d’Abraham. Prenons tout d’abord le texte biblique :

Genèse 22 : 1 Or, après ces événements, Dieu mit Abraham à l’épreuve et lui dit : « Abraham » ; il répondit : « Me voici » 2 Il reprit : « Prends ton fils, ton unique, Isaac, que tu aimes. Pars pour le pays de Moriyya et là, tu l’offriras en holocauste sur celle des montagnes que je t’indiquerai »

3 Abraham se leva de bon matin, sangla son âne, prit avec lui deux de ses jeunes gens et son fils Isaac. Il fendit les bûches pour l’holocauste. Il partit pour le lieu que Dieu lui avait indiqué. 4 Le troisième jour, il leva les yeux et vit de loin ce lieu. 5 Abraham dit aux jeunes gens : « Demeurez ici, vous, avec l’âne ; moi et le jeune homme, nous irons là-bas pour nous prosterner ; puis nous reviendrons vers vous » 6 Abraham prit les bûches pour l’holocauste et en chargea son fils Isaac ; il prit en main la pierre à feu et le couteau, et tous deux s’en allèrent ensemble.

7 Isaac parla à son père Abraham : « Mon père » dit-il, et Abraham répondit : « Me voici, mon fils » Il reprit : « Voici le feu et les bûches ; où est l’agneau pour l’holocauste ? » 8 Abraham répondit : « Dieu saura voir l’agneau pour l’holocauste, mon fils » Tous deux continuèrent à aller ensemble.

9 Lorsqu’ils furent arrivés au lieu que Dieu lui avait indiqué, Abraham y éleva un autel et disposa les bûches. Il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel au-dessus des bûches. 10 Abraham tendit la main pour prendre le couteau et immoler son fils. 11 Alors l’ange du SEIGNEUR l’appela du ciel et cria : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici » 12 Il reprit : « N’étends pas la main sur le jeune homme. Ne lui fais rien, car maintenant je sais que tu crains Dieu, toi qui n’as pas épargné ton fils unique pour Moi »

13 Abraham leva les yeux, il regarda, et voici qu’un bélier était pris par les cornes dans un fourré. Il alla le prendre pour l’offrir en holocauste à la place de son fils. 14 Abraham nomma ce lieu « le SEIGNEUR voit » ; aussi dit-on aujourd’hui : « C’est sur la montagne que le SEIGNEUR est vu » 15 L’ange du SEIGNEUR appela Abraham du ciel une seconde fois 16 et dit : « Je le jure par Moi-même, oracle du SEIGNEUR. Parce que tu as fait cela et n’as pas épargné ton fils unique, 17 Je M’engage à te bénir, et à faire proliférer ta descendance autant que les étoiles du ciel et le sable au bord de la mer. Ta descendance occupera la Porte de ses ennemis ; 18 c’est en elle que se béniront toutes les nations de la terre parce que tu as écouté ma voix » 19 Abraham revint vers les jeunes gens ; ils se levèrent et partirent ensemble pour Béer-Shéva…

   Prenons maintenant la narration coranique :

Sourate 37. Saffat : 102 Puis quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, [Abraham] dit : « Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses » « Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé : tu me trouveras, s’il plaît à Dieu, du nombre des endurants »

103 Puis quand tous deux se furent soumis et qu’il l’eut jeté sur le front, 104 voilà que Nous l’appelâmes « Abraham ! 105 Tu as confirmé la vision. C’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants » 106 C’était là certes, l’épreuve manifeste

107 Et Nous le rançonnâmes d’une immolation généreuse. 108 Et Nous perpétuâmes son renom dans la postérité : 109 « Paix sur Abraham »

   Il n’est pas question ici de faire un commentaire exhaustif de ces deux textes. Je pourrais, certes, pointer certaines interprétations (telle la lecture chrétienne qui voit en Isaac, chargé des bûches pour l’holocauste, une préfiguration de Jésus, « Agneau de Dieu » portant sa croix) ; mais je préfère me limiter à deux thèmes, présents tant dans la Bible que dans le Coran : celui de l’épreuve, et celui de la postérité d’Abraham.

II. L’épreuve
Le thème de l’épreuve est évoqué dans les deux textes que nous venons de lire :

 

Genèse 22 : 1 Or, après ces événements, Dieu mit Abraham à l’épreuve…
Sourate 37. Saffat : 106 C’était là certes, l’épreuve manifeste

   Nous le retrouvons donc sans surprise dans les commentaires qui ont pu en être fait. Voici par exemple ce qu’écrivait l’un des auteurs de la partie chrétienne de la Bible :

 

Lettre aux Hébreux 11 : 17 Par la foi, Abraham, mis à l’épreuve, a offert Isaac ; il offrait le fils unique, alors qu’il avait reçu les promesses 18 et qu’on lui avait dit : C’est par Isaac qu’une descendance te sera assurée.

19 « Même un mort, se disait-il, Dieu est capable de le ressusciter » ; aussi, dans une sorte de préfiguration, il retrouva son fils.

   Abraham a été mis à l’épreuve, et l’auteur de la Lettre aux Hébreux met en avant la confiance en Dieu de cet homme. Dieu lui a fait une promesse, aussi Abraham ne met pas en doute l’accomplissement de celle-ci, même si cette réalisation doit passer par des moyens qui le dépassent. Cette confiance, nous la trouvions déjà dans le texte de la Genèse. Abraham part avec son fils, mais en promettant de revenir avec :

 

Genèse 22 : 5 Abraham dit aux jeunes gens : « Demeurez ici, vous, avec l’âne ; moi et le jeune homme, nous irons là-bas pour nous prosterner ; puis nous reviendrons vers vous »

   Confiance bien placée, puisque les deux récits nous disent que Dieu arrêtera la main d’Abraham et mettra à sa disposition une autre victime pour le sacrifice (un bélier, nous dit la Bible).
Mais reprenons le récit coranique : celui-ci – à mon sens – met plutôt l’accent sur la participation consciente du fils à l’épreuve que traverse son père :

Sourate 37. Saffat : 102 Puis quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, [Abraham] dit : « Ô mon fils, (…) Vois donc ce que tu en penses » « Ô mon cher père (…) tu me trouveras, s’il plaît à Dieu, du nombre des endurants »

   Abraham interroge son fils, en âge de lui donner son avis, et celui-ci répond par un engagement à être – si Dieu le veut – endurant. Et que me dit le Coran au sujet d’une telle attitude ?

 

Sourate 2. Al Baqara : 155 …Et fais la bonne annonce aux endurants, 156 qui disent, quand un malheur les atteint : « Certes nous sommes à Dieu, et c’est à Lui que nous retournerons » 157 Ceux-là reçoivent des bénédictions de leur Seigneur, ainsi que la miséricorde ; et ceux-là sont les biens guidés

   L’épreuve proposée à Abraham – et à son fils, nous rappelle le Coran – est cependant de taille. Pouvons-nous considérer que certaines épreuves soient au-dessus de nos forces ? Voici ce que je lis dans ma traduction du Coran :

 

Sourate 6. Al ‘An’am : 152 Nous n’imposons à une âme que selon sa capacité

   Dans une démarche de foi, il nous faudrait donc accepter les épreuves ? En tous cas, Bible et Coran, lorsque viennent celles-ci, nous font la même invitation :

 

Lettre de Jacques 5 : 10 Pour la souffrance et la patience, le modèle à prendre, frères, ce sont les prophètes, qui ont parlé au nom du Seigneur
Sourate 46. Al Ahqaf : 35 Endure donc, comme ont enduré les messagers doués de fermeté…

 

III. Postérité d’Abraham
   Dans le Coran, Abraham apprend, après avoir surmonté certaines épreuves, qu’il sera proposé comme modèle. Alors qu’il s’inquiète du devenit de sa descendance, Dieu lui répond que celle-ci ne saurait être sauvée du simple fait de son hérédité, et qu’il lui faut, elle aussi, être juste :

 

Sourate 2. Al Baqara : 124 Quand ton Seigneur eut éprouvé Abraham par certains commandements, et qu’il les eut accomplis, le Seigneur lui dit : « Je vais faire de toi un exemple à suivre pour les gens » – « Et parmi ma descendance ? » demanda-t-il – « Mon engagement, dit Dieu, ne s’applique pas aux injustes »

     Cette mise en garde n’est pas sans me rappeler ce passage de l’apôtre Jean :

 

Jean 8 : 39 Ils ripostèrent : « Notre père, c’est Abraham » Jésus leur dit : « Si vous êtes enfants d’Abraham, faites donc les oeuvres d’Abraham »

     Faire les oeuvres d’Abraham… L’apôtre Jacques nous les présente en relation étroite avec la foi, celle-ci nourrissant les oeuvres et réciproquement :

Lettre de Jacques 2 : 21 Abraham, notre père, n’est-ce pas aux oeuvres qu’il dut sa justice, pour avoir mis son fils Isaac sur l’autel ? 22 Tu vois que la foi coopérait à ses oeuvres, que les oeuvres ont complété la foi 23 et que s’est réalisé le texte qui dit : Abraham eut foi en Dieu et cela lui fut compté comme justice ; et il reçut le nom d’ami de Dieu.

   Abraham, « Ami de Dieu » ? Voilà qui m’évoque le passage coranique suivant :

 

Sourate 4. An Nisâ’ : 125 Qui est meilleur en religion que celui qui soumet à Dieu son être, tout en se conformant à la Loi révélée et suivant la religion d’Abraham, homme de droiture ? Et Dieu avait pris Abraham pour ami privilégié.

     Là aussi, nous retrouvons le lien entre ces deux aspects de l’attitude d’Abraham : son abandon confiant en Dieu, et l’accomplissement des actes attendus de lui. Cette importance du lien entre la foi et les oeuvres, ne la retrouvons-nous pas également dans ce passage de Luc ?

 

Luc 19 : 5 Quand Jésus arriva à cet endroit, levant les yeux, il lui dit : « Zachée, descends vite : il me faut aujourd’hui demeurer dans ta maison » 6 Vite Zachée descendit et l’accueillit tout joyeux. 7 Voyant cela, tous murmuraient ; ils disaient : « C’est chez un pécheur qu’il est allé loger » 8 Mais Zachée, s’avançant, dit au Seigneur : « Eh bien ! Seigneur, je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens et, si j’ai fait tort à quelqu’un, je lui rends le quadruple » 9 Alors Jésus dit à son propos : « Aujourd’hui, le salut est venu pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham »

     Jésus reconnaît en Zachée un « Fils d’Abraham » quand celui-ci, porté par la foi qui l’a envahi, va s’engager dans une démarche de don de lui-même tournée vers les autres.
Appartenir à cette descendance que le texte de la Genèse nous décrivait comme aussi nombreuse que « les étoiles du ciel et le sable au bord de la mer », ce ne serait donc pas tant une question d’identité et d’appartenance communautaire, que de manière d’être – et d’agir – vis-à-vis de Dieu et des hommes ?

Sadie et René, GFIC

Nous voilà maintenant à la moitié du mois de Ramadan. Le jeûne va se poursuivre, mais je pense déjà à un moment-clé de celui-ci : la Nuit du Destin. Dans mon vécu familial, nous avons toujours attendu cette date avec impatience. Sa portée spirituelle nous a fait vivre de longues veillées de prière. Pendant que notre père lisait le Coran en arabe, nous échangions de notre côté sur les intentions de prière qui allaient être les nôtres. Puis, la nuit venue, chacun méditait, s’adressant à Dieu personnellement, jusqu’à tard dans la nuit, où le sommeil nous emportait… Nous réveillant encore de temps à autre pour poursuivre cette veillée, comme le conseillait le Prophète : Si vous sentez le sommeil durant votre prière, dormez, puis reprenez la prière quand vous vous serez reposés.

R. et S.

Le Jeûne du mois de Ramadan, 3ème pilier de l’Islam, est un moment de fort vécu spirituel chez les musulmans. « Il y a une seule règle, s’abstenir de boire, manger, d’avoir des relations intimes du lever du soleil jusqu’à son coucher, mais ça va plus loin » me dit Sâdia. « C’est une rupture de rythme qui permet de reconsidérer tout ce qui fait notre quotidien, une intention vers Dieu chaque jour renouvelée »

René

L’un des « Carrefours » de la rencontre de Pentecôte 2004 avait pour thème « Comment accompagner son conjoint dans sa pratique religieuse » ; la réponse dépend de la personnalité de chacun, elle n’est pas forcément synonyme de syncrétisme : comprendre ce que vit l’autre, c’est déjà l’accompagner. La réflexion s’est portée sur la pratique quotidienne, mais aussi sur les fêtes. Des fêtes, la liturgie catholique en comporte beaucoup, et parmi celles-ci, la fête de la Toussaint, à laquelle je tiens particulièrement. En voici donc une présentation.

S. et R., GFIC

J’ai découvert avec R. que la période précédant Noël était un véritable temps de préparation spirituelle. Durant les quatre semaines qui constituent le temps de l’Avent, j’ai essayé de comprendre les textes de la liturgie catholique. Ces textes sont répartis sur trois années (Année A, B, C) ; nous avons donc cherché des thèmes communs au sein de ces lectures. Voici les résonances que ces textes éveillent en moi : prolongements, contradictions, ou tout simplement autre regard…

S. et R., GFIC

Pour le deuxième dimanche, nous avons dégagé à nouveau trois thèmes des textes de la liturgie catholique (Année A, B et C) :

  • présentation de Jean le Baptiste
  • réflexion autour du terme « Aplanir »
  • Justice de Dieu quand viendra l’Heure

S. et R., GFIC

Voici les thèmes que nous avons sélectionné pour ce troisième dimanche de l’Avent :

  • Rôle de prophète de Jean-Baptiste
  • réflexion autour du terme « Guérir »
  • Appel à la persévérance

S. et R., GFIC

Nous arrivons à la fin de l’Avent ; à la veille de Noël, voici les derniers thèmes que nous avons choisis :

  • la promesse faite à David
  • l’accomplissement de cette promesse
  • les annonces de Dieu à Marie et Joseph

Découvrir à travers son couple une autre tradition religieuse et spirituelle, c’est aussi se plonger dans des textes fondateurs, faire de la théologie. Le GFIC est aussi un lieu pour développer sa curiosité et ses connaissances.

De nombreuses initiatives inter-religieuses offrent aux couples en France et dans les monde des occasions de rencontrer d’autres croyants dans une atmosphère amicale, bienveillante et enrichissante.
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